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Histoire Istor History

 

* OGEE, vers 1780 : 

"Duault, à 14 l. 1/2 à l'E.-N.-E. de Quimper, son évêché; à 26 l. de Rennes, et à 2/3 de 1. de Callac, sa subdélégation. Celle paroisse relève du roi, et ressortit au siège royal de Carhaix. On y compte 3000 communiants, y compris ceux de Landugen*, de Burtulet*, de Locarn* et Saint-Nicodème*, ses trêves. La cure est à l'Ordinaire. Landugen est un prieuré où l'on fait les fonctions curiales.

Albert de Morlaix et quelques autres disent que Duault est une des plus anciennes paroisses de Bretagne. Saint Hernin, qui vint s'y établir en 532, reçut du seigneur de Quélin [Quélen] un petit terrain situé auprès de l'ancienne ville de Keralus. Ce saint y bâtit un monastère, dans lequel il vécut jusqu'en 540, année de sa mort. On éleva dans la suite, sur son tombeau, l'église de Locarn, qui forme aujourd'hui une trêve de Duault-Quélin. La chapelle de Saint-Servais, sise à trois quarts de lieue de ce bourg, et dans son territoire, est très-renommée dans le pays, surtout par une assemblée qui s'y tient tous les ans, le 13 de mai, et où il se trouve plus de dix mille personnes, particulièrement de l'évêché de Vannes, qui font ce voyage pour demander une récolte abondante. Les femmes, en entrant dans cette chapelle, ôtent leurs coiffes et les mettent au bout de leurs bâtons , pour les faire toucher à la figure du saint, qu'elles prient à haute voix de leur accorder de bon blé-noir, de bonne avoine et autres grains. Les hommes en disent autant; et, après la cérémonie, ils entrent dans la sacristie, où ils achètent du marguillier la bannière processionnelle, qu'ils paient argent comptant, et avec laquelle ils forcent le prêtre de faire une procession autour de la chapelle, auprès de laquelle est un petit ruisseau qui sépare cet évêché d'avec celui de Vannes. Les habitants de l'évêché de Quimper, pour empêcher qu'elle ne passe de l'autre côté et ne tombe par là dans la possession des Vannetais, attendent la procession dans cet endroit, où la bannière est mise en pièces par tons les assistants, qui s'efforcent d'en avoir chacun un petit morceau. Ceux qui ne peuvent en approcher tiennent leurs bâtons en l'air, et demandent, par des cris horribles, une bonne récolte. Pour empêcher le désordre, on a soin de commettre environ deux cents hommes pour y mettre la police; mais, pour l'ordinaire, cette troupe, trop peu nombreuse, est repoussée et vaincue par le grand nombre des combattants. En 1766 . l'évoque de Quimper défendit au recteur de Duault d'ouvrir la chapelle de Saint-Servais le jour de l'assemblée dont on vient de parler. Le prêtre voulut obéir à ses ordres; mais les Vannetais se rendirent à la cure, se saisirent du curé, le mirent sur leurs bâtons, avec lesquels ils avaient formé une espèce de brancard, et le portèrent jusqu'à la chapelle, dont ils brisèrent les portes, et le forcèrent de célébrer l'office divin comme par le passé. - Le matin du jour de cette assemblée, il est d'usage de mettre, dans un endroit de la chapelle, un petit pain d'un sou, béni et enfermé dans une espèce de reliquaire qu'on appelle le seuil de Saint-Servais. Tout le monde se trouve à la même heure pour veiller à son ouverture, et celui qui peut s'emparer de ce pain l'emporte et le dépose précieusement chez lui; il l'examine soigneusement quand lui ou quelqu'un des siens tombe malade. Si, disent-ils, il vient à moisir, le malade en mourra; mais s'il reste dans son état ordinaire, la maladie ne sera pas dangereuse.

Il y avait jadis à Duault-Quélin (Quélen) une jurisdiction royale qui fut unie et incorporée à celle de Carhaix par édit du roi Charles IX. donné le 29 mars 1564. Il ne s'y exerce plus qu'une moyenne-justice qui ressortit à la Cour royale de Carhaix. La terre et seigneurie de Quélin appartenait, en 1460, à Olivier de Quelin, que le duc François II, par ses lettres données à Nantes le 7 janvier de cette année, créa grand-maître de son artillerie, capitaine général et gouverneur des francs-archers et arbalétriers élus des paroisses du duché de Bretagne. Le roi Louis XII, par ses lettres données au mois de mai 1512, accorda la qualité de banneret à Olivier, seigneur de Quélin et du Vieux-Châtel, pour qu'il pût, ainsi que ses successeurs, porter ses armes et intersignes en bannières. Cette maison portait pour devise, dans ses armes, ces mots : En toute saison, il fait bon prendre conseil. Cette seigneurie a une haute, moyenne et basse-justice, qui s'exerce à Locarn, et appartient présentement aux héritiers de M. de Carcado. 

Les autres maisons nobles sont : Kernorquin, Kerbournet, l'Espoul [Lespoul] et Kermatman; ces deux dernières ont chacune haute, moyenne et basse-justice (1) qui s'exercent à Callac, et appartiennent à M. de Coat Goureden, chevalier, seigneur des dits lieux, et descendant de Pierre Coat Goureden, écuyer de la duchesse Anne, son sénéchal universel en Bretagne et son ambassadeur vers le roi d'Angleterre en 1/J89. On trouve dans cette paroisse le canton du Bourgneuf, qui fait partie de l'ancien bailliage de Duault, qui depuis peu a été réuni au domaine du roi sous le ressort de Carhaix; et la forêt de Duault. qui appartient à Sa Majesté, et contient environ huit cent quarante arpents de terrain : elle est entourée de murs fort antiques et en partie écroulés. Les ruines d'un ancien château des ducs, qu'on y aperçoit, nous prouvent que c'était autrefois un parc *. C'est dans cette forêt qu'est la source de la rivière d'Aulne*, qui va se perdre dans la rade de Brest, à seize lieues de là*; cette rivière et les autres du pays abondent en truites. Ce territoire est irrégulier et assez mal cultivé. On y voit des terres labourables, de bonnes prairies et beaucoup de landes".

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* Marteville et Varin (1843) :

"... Outre l'église , il y a eu Duault les chapelles Saint-Servais et Saint-Nicodème. Le pardon de Saint-Servais est, ainsi que le dit notre auteur, un des plus fréquentés des environs; on nous a rapporté que cette chapelle était remarquable par ses sculptures.— A 200 m. environ du moulin de Lobuen, on voit un menhir dont la dimension nous a été donnée, mais que nous ne pouvons nous empêcher de croire fort exagérée.

— M. de Lilois nous a transmis la véritable devise des Quélen : "Em peb amser quélen", que nous croyons devoir traduire ainsi : « En tout temps conseil. » ce qui est tout à fait eu harmonie avec le langage héraldique. Il y a dans cette devise un de ces jeux de mots si fréquents dans le blason. En effet, Quélen signifie houx et aussi conseil. Le houx figure dans les armes de cette famille, à laquelle appartenait Mgr.de Quélen, récemment décédé archevêque de Paris. — C'est à tort qu'Ogée place dans la forêt de Duault la source de l'Aulne. La rivière qui prend naissance en cet endroit est une des branches de l'Hyère, qui elle même se jette dans l'Aulne. — Le parc de Duault, dont notre auteur suppose l'existence, était le principal haras des ducs de Bretagne, s'il faut en croire la tradition du pays.— Lors du traité entre le duc de Bretagne et le comte de Penthièvre (voy. dom Morice, t. II, col. 582 et 655), le duc donna, entre autres gages, la chatellenie de Duault  pour onze cents livres. »

— Géologie : schiste argileux, porphyres quartzifères — Archéologie : Dom Morice, Preuves, t. I, col. 41 ; t. II, col. 1320. 1418; t. III, col. 348, 1021. — On parle le breton".

* Anonyme, vers 1860 : 

" DUAULT , 2,832 hab.; - bornée au N.- O. par Callac; au N.-E. par Pestivien; à l'E. par Maël-Pestivien , Peumerit-Quintin et Trémargat ; au S. par Kergrist-Moëllou et Locarn; à l'O. par Carnoët et Plusquellec; — traversée par les chemins de grande communication Nos 11, 13 et 52, et par le chemin d'intérêt commun No 3l ; — école de garçons, 50 élèves; de filles, 18 élèves; — dépend de la perception de Callac; — faisait partie de l'évêché de Quimper; — on parle le breton. — Territoire élevé, accidenté et montueux dans toutes ses parties; peu boisé dans quelques-unes et beaucoup dans d'autres. Il est sillonné par de nombreux cours d'eau qui se jettent dans l'Hière. Les terres, généralement légères ou semi-argileuses, sont susceptibles d'être améliorées. Les prairies forment le septième de la contenance totale, dont près de 1/4 est encore couvert de landes et de bruyères. 

- La forêt de Duault, qui contient environ 500 hectares, appartenait jadis aux ducs de Bretagne , qui y avaient un rendez-vous de chasse et y entretenaient un haras. Peut-être faut-il faire remonter jusqu'à eux l'enceinte murée dont on voit encore des traces au centre même de la forêt et qui portait le nom de Parc de Duault. C'était autrefois l'une des plus importantes forêts de notre province, et elle a fait, jusqu'en 1831, partie du domaine royal.— Celle commune est divisée en trois succursales : Duault, Saint-Nicodème et Saint-Servais. La première est sous le patronage de saint Maudez, dont la fête a lieu le 3è dimanche de novembre; la deuxième a pour patron saint Nicodème, que l'église honore le 1er dimanche d'août ; enfin la troisième est sous l'invocation de saint Servais, dont la fêle et le pardon ont lieu les 12 et 13 mai. Il se rend à ce dernier pardon plus de dix mille pèlerins, non seulement du pays, mais encore du Morbihan et du Finistère, et ceux-ci, pendant longtemps, se sont livrés, régulièrement le 12 mai, après la procession à de véritables combats pour conquérir la bannière de saint Servais, dont la possession assurait de bonnes récoltes au vainqueur. Cet usage, auquel l'autorité a dû mettre fin , a souvent occasionné de graves accidents.

— L'église de Duault présente sur l'une de ses portes la date de 1589, et sur son clocher, celles de 1770 et 1721. Celle de Saint-Servais, beaucoup plus remarquable, appartient également au XVIè siècle; de même que les chapelles de Burtulet et de Saint-Yves. 

— On voit, en Duault, neuf menhirs, dont trois près du village du Clajou et six dans la forêt ; plus deux dolmens, l'un près du village de Kerpinson et l'autre, plus intéressant, en face du château de Rosviliou. La partie la plus ancienne de ce château remonte au XVIè siècle; il a été restauré par Fleuriot de Langle, l'un des compagnons de La Peyrouse.

— Les manoirs de Kerivoallen, Kerfichant, Lezmabon, Coas-an-Amon sont convertis en fermes. 

— On a trouvé , il y a quelques années, en Duault, plusieurs pièces de monnaie celtiques (ossismiennes). — Cette commune est très giboyeuse, surtout dans le voisinage de la foret;

—  ses rivières sont aussi très poissonneuses. Elle possède une scierie mécanique. — Points culminants : Kerviou, 192 m.; Saint-Michel, 275 m.; Guerlevanou , 296 m.; menhir dans le bois, 294 m. ; Sainl-Nicodème, 279 m.; Quinquistilis, 288 m. — Géologie : Schiste argileux; entre Duault et Landugen , porphyre quartzifère. 

— Maires : MM. 1790, Vauchel ; 1794, Quenec'hdu ; 1796, Le Bonhomme; 1798, Le Moine; 1798, Le Lostec; 1800, J. Conan; 1806; Y. Conan; 1808, Le Lostec; 1846, Bercot; 1853 , Thomas; 1833 , Courtois, maire actuel".

 

 

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